• LE SOIR DU 5/2/14



    Actualités : Le ministère menace, les syndicats persistent
    Éducation : polémique sur fond de grève


    Le ton monte entre le ministère de l’Éducation et les syndicats du secteur. Le département de Baba Ahmed n’a pas dérogé à la règle en saisissant la justice. Les syndicats dénoncent et affirment n’avoir été destinataires d’aucune convocation ni notification de la part de la justice. Le département de Baba Ahmed menace de recourir à l’envoi de mises en demeure aux enseignants grévistes. L’Unpef, le Cnapest et le Snapest restent sur le terrain de la contestation.

    Nawal Imès - Alger (Le Soir)
    Point d’offre de dialogue officielle de la part du ministre de l’Éducation, mais un recours à la justice dans une tentative de mettre un terme à un mouvement de grève enclenché depuis une dizaine de jours déjà.
    Le département de Baba Ahmed a saisi le tribunal administratif pour qu’il statue sur la légitimité de la grève. Sans surprise, ce dernier a déclaré illégal, selon un communiqué du ministère de l’Éducation, le mouvement initié par le Cnapest et l’Unpef.
    Dans ce même communiqué, il est fait allusion à la nouvelle appellation du Cnapest qui avait élargi sa représentativité aux paliers du primaire et du moyen pour devenir Cnapest-élargi, ce qui suffit au ministère pour le déclarer «non agréé». S’appuyant sur cette décision, le ministère de l’Éducation compte passer à la vitesse supérieure. Après avoir fait planer la menace des ponctions sur salaires, il menace d’envoyer des mises en demeure aux enseignants grévistes. Des menaces qui n’ont pas laissé de marbre les syndicats qui ne se laissent nullement impressionner.
    L’Unpef poursuivait, hier, sa seconde semaine de grève, les adhérents du Snapest en étaient eux à leur deuxième jour alors que ceux du Cnapest rejoignaient hier le mouvement pour une journée renouvelable. Ils dénoncent tous les trois, l’attitude du ministère de l’Éducation.
    Le porte-parole du Cnapest est formel : son syndicat n’a jamais été convoqué par la justice et n’a reçu aucune décision de justice. Messaoud Boudiba considère que le ministère de l’Éducation s’est trompé de cible et que la justice n’avait pas à être de la sorte utilisée au moment où il fallait aller vers des négociations avec les syndicats.
    Pour le porte-parole du Cnapest, Baba Ahmed est face à deux choix : répondre aux doléances des syndicats ou reconnaître officiellement sur procès-verbal son incapacité à résoudre les problèmes du secteur.
    Boudiba s’insurge contre les propos du dernier communiqué du département de l’éducation dans lequel il est fait référence à l’appellation du syndicat. Il s’étonne que les représentants de ce même ministère se soient assis à la table de négociations et signent des procès-verbaux avec ce même syndicat avant de le déclarer non agréé. Des propos qu’il qualifie de «graves» attestant de la légitimité du mouvement initié par son syndicat.
    Du côté de l’Unpef qui entamait hier, le troisième jour de la seconde semaine de grève, la détermination ne faiblit pas. Le syndicat de Sadek Dzir accuse le ministère de l’Éducation d’avoir violé les lois de la République, en ne respectant pas les procédures d’usage en matière de conflits de travail.
    L’Unpef estime que si le ministère de tutelle avait réellement saisi la justice, il aurait dû avant de le faire, tenter une réconciliation comme l’exige la loi. Rappelant que les textes garantissent les libertés syndicales et le droit à la grève, l’Unpef appelle ses adhérents à rester mobilisés et à ne pas céder aux pressions qui sont exercées sur eux.
    Les grévistes sont appelés à ne signer aucun document que l’administration pourrait vouloir leur faire signer.
    Au Snapest, l’indignation est la même. Son coordonnateur a exprimé sa solidarité avec les deux syndicats qui sont sur le même terrain de contestation que lui.
    Meziane Meriane affirme que sur le terrain, le mouvement est toujours aussi suivi qu’au premier jour. Un mouvement légitime, dit-il qui est accueilli en face, par des «méthodes policières» au moment où la famille de l’éducation est dans l’attente d’un signe d’apaisement qui tarde à venir.
    N. I.

     

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