• LE SOIR DU 21/4/14



    Actualités : COMMÉMORATION DU PRINTEMPS BERBÈRE
    Répression, complaintes et immenses espoirs


    La commémoration du 34e anniversaire du Printemps berbère dans les trois wilayas de Kabylie, Tizi-Ouzou, Béjaïa et Bouira, n’a pas été empreinte de calme, notamment dans la ville des Genêts où la marche qui devait s’ébranler du campus de Hasnaoua a dégénéré avant même qu’elle ne commence.
    Sofiane Aït Iflis - Alger (Le Soir) - L’impressionnant déploiement policier un peu partout dans la ville, et particulièrement dense aux abords du campus universitaire, est assimilé à une provocation de la part des initiateurs de la manifestation que sont les animateurs du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK), le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) quelques anciennes figures du Mouvement culturel berbère (MCB). La police, qui vraisemblablement a eu pour consigne d’empêcher la marche, n’a pas hésité à charger les manifestants qui ont tenté de marcher vers le centre-ville, usant même de tirs de bombes lacrymogènes pour disperser les marcheurs qui ont riposté avec des jets de pierres, des bouteilles et autres objets. Ces scènes de violences à Tizi-Ouzou ont contrasté avec le calme et la sérénité qui ont prévalu à Béjaïa et Bouira où les marches, ayant drainé plusieurs milliers de personnes, ont pu avoir lieu, même si, signale-t-on, des arrestations auraient été opérées. La célébration du Printemps berbère, qui est intervenue au sortir d’une élection présidentielle qui a vu le système reconduire le président sortant pour un 4e mandat, n’a pas dérogé à la règle : le défilé des ans depuis cet avril 1980 n’a aucunement altéré la vocation qui est restée immensément politique, reproduction immuable de la même revendication de l’officialisation de la langue amazighe. En face, le pouvoir a toujours réagi de la même façon : la répression plus ou moins violente avec, en filigrane, de la constance dans le déni identitaire. Date symbole, référent auquel se sont abreuvées des générations de militants, le 20 Avril 1980 est resté, en dépit de tout, le lien qui cimente le désir d’émancipation démocratique d’une population qui n’a pas fini de subir l’ostracisme d’un pouvoir castrateur des velléités démocratiques. Le 20 Avril reste une date phare, malgré une systématique répression qui a fait du printemps une saison de pleurs et de sang en Kabylie. Quels qu’en soient les chemins pris par les uns et les autres depuis les événements d’Avril 1980, tous convergent vers un point de chute : la réparation d’un déni identitaire. Chaque 20 avril, les uns et les autres reviennent à ce point de départ pour se réarmer d’espoir pour une quête qui s’avère encore longue. 
    S. A. I.

     

     

    Actualités : 20 AVRIL 
    Les étudiants de Boumerdès et les lycéens de Dellys marchent


    Même modestement, la wilaya de Boumerdès a fêté le Printemps noir et le Printemps berbère. Elle ne s’est pas marginalisée de cette commémoration/revendication comme l’ont malheureusement fait les animateurs politiques et culturels de la cause amazighe. 
    Hier à Boumerdès, plusieurs dizaines d’étudiants de l’Université M’hamed- Bougara ont organisé une marche pacifique. Cette action-marche, nous l’avions décidée la toute dernière minute. Nous tenions effectivement à marquer cet événement à Boumerdès», nous dira l’un des organisateurs. wEn effet, aucune information ne nous est parvenue avant cette action. Les manifestants ont entamé leur marche depuis la faculté des sciences du campus sud de l’université en chantant «Azoul fellaoune ! Boumerdès imazighen !» (Salut à vous ; Boumerdès est amazighe). Histoire de secouer un peu la léthargie politique et culturelle dans laquelle est plongée la ville du Rocher-noir et, peut-être, une réponse aux animateurs du Mouvement amazigh qui n’ont pas daigné associer cette partie de la Basse Kabylie à l’appel aux marches de protestation et de revendication lancé à Béjaïa, Bouira et Tizi-Ouzou. En cours de chemin pour rejoindre la Faculté des sciences et de chimie, les manifestants ont repris tous les slogans de protestation et de revendication comme le célèbre «Ulac smah ulac.» Devant le siège de la cour de justice de Boumerdès, dos tourné à l’institution, ils ont observé un cours sit-in en scandant «Justice sociale.» Plusieurs jeunes filles vêtues d’habits traditionnels donnaient un cachet festif et un charme à cette marche. Elles portaient une banderole sur laquelle on pouvait lire «Gloire à nos martyrs» et le célèbre emblème des Amazighs. Après avoir quitté la Faculté cité plus haut, les marcheurs sont arrivés devant l’entrée officielle de la wilaya pour observer une minute de silence, toujours donnant le dos à l’institution, à la mémoire de tous les martyrs de la démocratie. Un étudiant a pris la parole pour dire : «Aujourd’hui, nous ne remettrons pas de déclaration aux autorités locales. Nous sommes sortis pour dénoncer la répression et les assassinats politiques. Nous célébrons nos martyrs de 1980 et du Printemps noir. A cette occasion, nous réitérons nos revendications qui se résument en trois points : reconnaissance de tamazight langue nationale et officielle et reconnaissance de la dimension berbère de l’Algérie, instauration d’une journée fériée à l’occasion du 20 Avril et l’ouverture d’un département de langue et culture amazigh à l’université de Boumerdès.» Par la suite, les manifestants ont quitté les lieux dans le calme. A noter que de nombreux policiers en tenue et en civil et des agents du DRS encadraient la marche. A Dellys, des dizaines de lycéens ont également marché. Eux aussi, même s’ils n’étaient pas en grand nombre, mais armés de leurs convictions et de leur énergie juvénile, ont dénoncé la répression, le déni d’identité et revendiqué la liberté et la démocratie. Ils sont l’avenir rassurant du Mouvement amazigh. Par ailleurs, durant la journée d’hier, les enseignants de Laâziv et les fonctionnaires de la municipalité de la ville en question et ceux de la ville de Timezrit dans la même wilaya n’ont pas travaillé. «A Laâziv, c’est désormais une tradition qui date d’avant mon arrivée à la tête de la commune. Pour la population, le 20 Avril est férié», nous dira le maire, Boualem Chemala. Les lycéens de Dellys et les étudiants de Boumerdès ont, à travers leurs actions, lancé un message aux animateurs, qu’ils soient politiques ou culturels, du Mouvement amazigh. Il ne faut pas prendre le risque de confiner tamazight dans un ghetto. Tamazight a besoin d’autres espaces. Elle vit dans d’autres espaces autres que la Haute Kabylie. 
    Abachi L.



    Actualités : BOUIRA 
    Manifestation réussie malgré les tensions


    A Bouira, la traditionnelle marche du 20 Avril a eu lieu même si celle-ci n’a pas été organisée d’une manière aussi parfaite. Des centaines d’étudiants auxquels se sont joints des militants du MCB et des militants amazighs appartenant pour certains au RCD, des enseignants amazighs, des enseignants universitaires, ont battu le pavé en empruntant l’itinéraire habituel des étudiants depuis l’université Akli-Mohand-Oulhadj jusqu’au siège de la wilaya avant de poursuivre la marche pour se rassembler au niveau de l’esplanade qui fait face à la maison de la culture Ali-Zamoum, avec une prise de parole puis la dispersion dans le calme. Il faut dire que la marche à laquelle ont appelé certains militants de la première heure du MCB, mais qui a vite été relayée par le MAK, n’était pas bien partie. Dès les premières heures de la matinée, une chasse à l’homme a eu lieu aux abords du portail principal de l'université. A notre arrivée sur les lieux aux environs de 10 heures, des étudiants faisaient déjà état de l’arrestation d’une dizaine de jeunes par la police. Une certaine tension régnait au fur et à mesure de l’arrivée des militants amazighs. Ali Brahimi, l’une des figures de proue du MCB, était là et il nous informa qu’il venait de parler aux responsables de la police pour libérer les manifestants arrêtés. Quelques minutes plus tard, les représentants des étudiants sont sortis de l’enceinte universitaire pour annoncer aux présents leur intention d’insister auprès des responsables de la police pour libérer leurs camarades avant d’entamer la marche. Vers 10 heures 30 minutes, les manifestants arrêtés furent libérés, et la marche pouvait commencer. Cependant, dès le début, nous avons remarqué la formation de deux carrés distincts : l’un était composé de militants du MAK avec un portrait géant de leur président, Ferhat Mhenni, et des banderoles appelant à l’autonomie de la Kabylie, et l’autre carré était composé de militants amazighs de la première heure à l’instar de Ali Brahimi auquel se sont joints les enseignants du département amazigh de l’université Mohand-Oulhadj, et plusieurs autres militants amazighs qui revendiquaient l’officialisation de tamazight, le caractère obligatoire et graduel pour son enseignement en Algérie, la nécessité d’ouvrir automatiquement des postes budgétaires pour les licenciés en tamazight, et enfin, une académie berbère dans laquelle les chercheurs et les linguistes puissent travailler pour la promotion de tamazight dans un cadre officiel et légal . Aussi, outre ces deux carrés formés et même distanciés par endroits, ce furent même les slogans qui étaient différents : d’un côté, l’on entendait les «Assa, Azekka, tamazight, tella, tella», «Djazair horra dimocratia», «Serraqin, chiatine, wi ougoulou wataniyin», et surtout «Ecchaâb yourid isqat annidham», des slogans politiquement corrects ; et de l’autre «Ulac smah ulac», «Pouvoir assassin», «Bouteflika, Ouyahia, houkouma irhabia», «Corrigez l’Histoire, l’Algérie n’est pas arabe» et autres «Kabylie chouhada», « Da L’Mouloud mazal agh d Imazighen». En somme, lors de cette marche, à chacun ses slogans et ses banderoles et à un certain moment, l’on a frôlé même la catastrophe, lorsqu’un groupe d’étudiants autonomistes avait essayé de s’infiltrer dans l’autre carré, avec certains mots déplacés à l’endroit des militants de la première heure pour tamazight. Finalement, au niveau de l’esplanade de la maison de la culture, l’un des enseignants de tamazight au niveau de l’université Akli-Mohand-Oulhadj a eu le courage de rappeler certains étudiants radicalistes à la raison et au respect qu’ils doivent vouer aux militants de la première heure comme Ali Brahimi et grâce auxquels des avancées notables ont été enregistrées par la langue amazighe dans le pays. Cela, tout en leur rappelant que le combat doit se poursuivre dans l’unité des rangs pour faire avancer davantage tamazight et la consacrer comme langue nationale et officielle, avec un enseignement obligatoire et graduel, et une académie qui puisse s’occuper de son développement. Vers 13 heures, les manifestants de tous bords se sont dispersés dans le calme. 
    Y. Y.



    Actualités : BEJAÏA
    15 000 personnes dans la rue


    La marche à laquelle a appelé, hier, le MCB pour la commémoration du 34e anniversaire du 20 Avril 1980 à Béjaïa a connu un franc succès. Ils étaient plusieurs milliers — 5 000 personnes selon les organisateurs — à battre le pavé, comme un seul homme, pour célébrer dans l’allégresse ce rendez-vous historique dans le combat identitaire et démocratique qui a ouvert aux Algériens les portes de l’espoir et de l’émancipation démocratique. 
    Dans une parfaite organisation, la procession humaine composée de militants et militantes de la cause amazighe, toutes tendances confondues, s’est ébranlée vers les coups de 11h du campus universitaire de Targa Uzemour vers le quartier CNS avec comme mot d’ordre majeurs : «l’officialisation de tamazight et les libertés démocratiques». Dans une ambiance de fête riche en couleurs, les manifestants n’ont pas cessé de reprendre à tue-tête des slogans fustigeant le pouvoir. «Pouvoir assassin !», «Ya Sellal, ya hakir, fako, fako, fakakir», «Bouteflika Ouyahia, houkouma Irhabia», «Djazaïr, hourra, Djamhouria», Djazaïr, Djamhouria, matchi mamlaka (Algérie est une République et non une monarchie !», «tamazight langue officielle !», «Bouteflika, système dégage !» «dawla irhabia !», ont crié à gorges déployées les manifestants. La foule de marcheurs grossissait au fur et à mesure qu’elle avançait vers le point de chute devant le quartier CNS. Tout au long du trajet de la manifestation, des youyous fusaient des balcons sous un concert de klaxons des automobilistes pour exprimer leur adhésion et soutien à la manifestation. Arrivés devant le quartier CNS, réputé pour être un bastion de toutes les luttes identitaires et démocratiques à Béjaïa, une prise de parole a été improvisée par les initiateurs de la manifestation. Après l’observation d’une minute de silence à la mémoire des martyrs du combat identitaire et démocratique, Aziz Tari, un ancien détenu des événements du printemps berbère en 1980 est revenu sur l’esprit du 20 Avril 1980 qui constitue l’acte fondateur du combat identitaire et démocratique dans le pays .Tout en appelant à la poursuite du combat dans «l’unité et la dignité , l’ancien animateur du MCB a réaffirmé la solidarité du MCB pour les Mozabites et «tous les peuples de tamazgha qui se battent pour leur identité et la démocratie ». «Notre combat pour la démocratie et notre identité n’ a toujours pas abouti. Nous allons répondre à l’humiliation et l’insulte du pouvoir depuis 1962 avec dignité et fierté (...), on leur promet une campagne chaude mais intelligente», a martelé Aziz Tari dans son intervention. Abondant dans le même sens, Mira Mekhnache et Djamel Ikhelloufi, membres du comité organisateur de la marche, se sont félicités de la réussite de la marche qui a drainé «des milliers de militants de divers horizons politiques, de la société civile avec comme dénominateur commun, la cause amazighe indissociable du combat démocratique», a-ton expliqué. «Aujourd’hui, vous êtes dix à quinze mille militants à répondre à l’appel de la fraternité dans l’unité pour les libertés et réclamer l’officialisation de tamazight», tonne Djamel Ikhelloufi, animateur du MCB avant d’appeler la jeunesse à prendre «le flambeau pour poursuivre la lutte avec le même esprit du 20 Avril 1980 pour un nouveau souffle afin de faire aboutir notre combat», a-t-il soutenu. Avant que la marche du MCB ne se disperse dans le calme sans aucun incident, le même membre du comité organisateur a annoncé la baptisation symbolique du carrefour Dawadji au nom des événements du 19 mai 1981, une autre date repère dans le combat identitaire et démocratique en Kabylie. Les animateurs du MCB ont également dénoncé la récupération des autorités de wilaya de la stèle érigé au nom de Saïd Mekbel, inauguré le 16 avril à l’occasion de la Journée du savoir. Pour les animateurs du MCB, l’inauguration de cette stèle dédiée à une figure de la presse algérienne, lâchement assassinée par les hordes terroristes islamistes ; son inauguration ne pouvait se faire qu’à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté d’expression le 3 mai, a-ton estimé. Par ailleurs, dans un communiqué rendu public, les signataires de l’appel de Tighremt pour la commémoration du 34e anniversaire du printemps berbère ont dénoncé avec la plus grande fermeté «l’empêchement à Tizi Ouzou de la manifestation qui devait se tenir dans un cadre rassembleur, unitaire et pacifique ».«La répression de cette marche constitue un acte grave et porte atteinte au 20 Avril, date historique et symbole du combat amazigh et les libertés démocratiques. Des provocations manifestes, des forces de répression ont transformé une manifestation qui se voulait pacifique en émeutes avec de nombreux blessés, des interpellations et violation des franchises universitaires. Le pouvoir porte seul l’entière responsabilité de cette agression et des conséquences qui en découlent», écrivent les initiateurs de la célébration du 20 Avril 1980. «Le message du pouvoir qui vient de s’arroger une rallonge de cinq ans ne souffre aucune nuance quant à sa politique de déni de toutes les libertés et notamment celle relative à la revendication amazighe», poursuivent dans leur communiqué les mêmes initiateurs de la manifestation commémorative du 20 Avril 1980, tout en appelant l’ensemble des militants de la cause amazighe toutes tendances confondues à «une large concertation pour dégager les voies et moyens à même d’imposer notre combat». Il convient de signaler que la ville de Béjaïa a vibré également à la même heure au rythme d’une imposante marche initiée par le MAK avec ses propres mots d’ordre en faveur de l’autonomie de la Kabylie. A la fin de la manifestation, un groupuscule de manifestants s’est accroché avec les forces de l’ordre. L’intervention des forces de l’ordre n’a pas tardé à ramener le calme. On parle de nombreuses arrestations parmi les jeunes insurgés, selon une source policière. 
    A. Kersani

     

     



    Actualités : LA MARCHE POUR LA COMMÉMORATION DU 20 AVRIL EMPÊCHÉE 
    Émeutes à Tizi-Ouzou


     

    La marche unitaire à laquelle ont appelé plusieurs mouvances issues du MCB, à l’occasion de la commémoration du 34e anniversaire du Printemps berbère, a dégénéré en affrontements avec les services de sécurité dont de nombreuses brigades motorisées ont été déployées, tout au long du parcours prévu pour la manifestation.
    Le dispositif policier en étau, mis en place, tôt dans la matinée d’hier, sur l’axe faisant face au campus Hasnaoua de l’Université Mouloud- Mammeri de Tizi-Ouzou renseigne sur la détermination des autorités à empêcher les marcheurs à se déployer. Le premier carré constitué majoritairement de militants du MAK, au vu des slogans proférés et de la multitude de bannières tricolores déployées et qui s’est mis en ordre de marche vers le centre-ville a été stoppé net par un véritable rideau compact de CNS, boucliers et matraques en main et prêts à intervenir. Le face-à-face animé côté manifestants qui scandaient des slogans habituels des militants du MAK et du MCB. «Mazlagh dimazighen (Amazighs nous sommes, Amazighs nous resterons), on n’a pas peur de la guerre», criaient les protestataires, parmi lesquels il y avait beaucoup de femmes et de jeunes étudiants, pour la plupart, qui ne se privaient pas de chambrer les policiers. Soudain, des pierres lancées d’on ne sait où sont venues rompre le face-à-face qui se transforme en affrontements violents entre les deux camps. Plus bas, d’anciens militants de la première heure du MCB, à l’image de Saïd Khellil, Mouloud Lounaouci, Saïd Doumane, Rachid Aït Ouakli, Ouanoughen, et bien d’autres membres du groupe de signataires de la déclaration dite d’Ighram qui sont partie prenante de l’appel à la marche unitaire d’hier, faisaient tout pour éviter l’affrontement et réorganiser la foule, dans une tentative de relancer la marche. C’était peine perdue. Après une brève accalmie, ce fut de nouveau l’affrontement avec échange de jets de pierres dont usent aussi les policiers qui ont dû recourir à l’usage des gaz lacrymogènes. Le même décor a été observé à hauteur de l’université, en face du stade 1er-Novembre où des escarmouches ont éclaté entre groupes de jeunes et les CNS déployés en grand nombre. Plusieurs blessés légers ont été enregistrés. On parle, également, de nombreuses interpellations de jeunes. Plus d’une centaine, selon nos informations, ont été opérées. Dans un communiqué rendu public par les signataires de l’appel d’Ighram, ces derniers dénoncent «avec la plus grande fermeté l’empêchement à Tizi-Ouzou de la manifestation qui devait se tenir dans un cadre unitaire, rassembleur et pacifique. La répression de cette marche constitue un acte grave et porte atteinte au 20 Avril, date historique et symbole du combat amazigh et des libertés démocratiques», lit-on dans le communiqué qui dénonce «des actes de provocation manifestes des services de la répression qui ont transformé une manifestation qui se voulait pacifique en émeute avec de nombreux blessés. Le pouvoir porte l’entière responsabilité de cette agression et des conséquences qui en découlent». Et de poursuivre «le message du pouvoir qui vient de s’accorder une rallonge de cinq ans est on ne peut plus clair quant à sa politique de déni des libertés et notamment celle relative à la revendication amazighe». Un appel est lancé à l’ensemble des militants de la cause amazighe toutes tendances confondues «pour une large concertation pour dégager les voies et moyens à même d’imposer notre combat», écrivent en conclusion les auteurs du communiqué. Il faut noter la présence d’ex-animateurs et militants du MCB de la première heure et de militants du RCD venus participer à la marche avortée pour la célébration du 34e anniversaire du Printemps berbère. Il faut signaler aussi que c’est la première fois, depuis 32 ans, que la police intervient pour empêcher et réprimer une manifestation qu’organisent cycliquement, en pareille occasion, les militants de la revendication identitaire qui n’avaient jamais eu à demander d’autorisation des autorités. 
    S. A. M.

     

    « FP/ 26/3/2014COMMUNIQUE AVRIL 2014 / COMMISSIONS DE WILAYAS »

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