• LA DEPECHE DU 5 DEC13

    Un élève sur deux, parmi les lauréats du BEM, n’a pas eu la moyenne

    Tizi-Ouzou perd son français !

     

    Il est bien flatteur de décrocher la première place dans le classement national des examens du BEM et du baccalauréat. Néanmoins, les taux de réussite obtenus suffisent-ils à crier gloire, sachant que les chiffres, eux-mêmes, appellent à une lecture sereine et froide, pour pouvoir situer, un tant soit peu, le niveau de l‘enseignement dans la wilaya.

    En 2012, la wilaya est classée première dans le taux de réussite au brevet de l’enseignement moyens, avec 85,71 % de réussite, sur une moyenne nationale de 72,71%. Si, dans certaines wilayas situées en queue du peloton, on a fait courir le bruit, afin de se donner bonne conscience, qu’à Tizi Ouzou il y aurait une fraude massive - en laissant les élèves copier-, une analyse objective des détails des notes obtenues risque de relativiser la réussite tant criée sur tous les toits. En 2013, la wilaya de Tizi Ouzou est classée troisième nationale dans l’examen du BEM, avec un taux de réussite de 65,17 %. Trois CEM ont été déclarés en haut du podium en juin 2013: les collèges d’Aït Aggouacha, Akerrou (Yakouren) et Hamoutène (Tizi-Ouzou). Regardons de plus près les tendances qui se dessinent, sur la base de chiffres recueillis auprès de la direction de l’Éducation de la wilaya: 83,22 % des lauréats ont obtenu leur moyenne en arabe, 90,86 % d’entre eux ont eu leur moyenne en Tamazight, 66, 07 % ont obtenu la moyenne en éducation religieuse. S’agissant de la physique et de l’histoire-géographie, les taux sont respectivement de 60,06 % et 42,10%. En mathématiques, le taux de ceux qui ont accédé à la moyenne est de 35,53 %. Une proportion fort modeste par rapport aux ambitions du ministère de l’Éducation d’avantager l’orientation scientifique des élèves et des étudiants. L’autre situation qui ne manque pas de susciter une kyrielle d’interrogations est la note de langue française obtenue par les élèves ayant réussi l’examen du BEM en 2013.


    L’examen critique du classement de la wilaya de Tizi-Ouzou en haut du podium fait ressortir une certaine tendance à la compensation des faiblesses en français, anglais et maths, par les notes obtenues en langue arabe, en Tamazight et enéducation religieuse.

    La proportion de ceux qui ont obtenu la moyenne en français est 50,16 %. Autrement dit, un élève sur deux n’a pas pu avoir son 10, dans une région considérée naguère comme le fief de la “francophonie” algérienne. La régression est là, bien visible. Ce sont les chiffres officiels qui le disent, avec, bien entendu, des épreuves qui situent le niveau d’examen pour cette langue dans une position bien en retrait par rapport à ce qui est attendu de la part des élèves, qui ont reçu dix ans d’enseignement, en général, et sept ans d’enseignement de langue française. L’examen critique du classement de la wilaya de Tizi-Ouzou en haut du podium fait ressortir une certaine tendance à la compensation des faiblesses en français, anglais et mathématiques, par les notes obtenues en langue arabe, Tamazight et éducation religieuse. C’est grâce à ces dernières que la wilaya a obtenu son rang de première à l’échelle nationale. Cela ne rassure pas quant à l’avenir de ces élèves, qui ont commencé leurs classes de lycée depuis septembre dernier, particulièrement par rapport à la tendance mondiale qui se dessine en faveur des langues étrangères et des mathématiques. Le topo n’est pas très différent pour l’examen du baccalauréat. Pour la session de juin 2013, la wilaya de Tizi-Ouzou est classée première, avec un taux de réussite de 60,95 %, sur un taux national de 44,72%. L’éducation physique et sportive a été distribuée de façon quasi uniforme. En effet, la proportion de bachelier ayant obtenu la moyenne dans cette discipline, où il manque réellement beaucoup de discipline pendant toute la scolarité, est proche de 17 % pour l’ensemble des filières d’enseignement. Il en est de même Tamazight, dont le taux varie de 14 à 16 %. L’une des matières les moins biens loties est le français; avec 11 et 13 % de bacheliers qui ont pu avoir leur moyenne. Dans la filière des langues étrangères, seuls 12,38 % des détenteurs du baccalauréat ont pu décrocher la moyenne de 10 sur 20. L’anglais n’est pas, non plus, épargné par la chute aux enfers. Dans la filière des langues étrangères, seuls 10,66 % ont pu accéder à la moyenne. Il en est de même de la 3e langue étrangère (allemand ou espagnol): 12,42 % des élèves ont eu leur moyenne. Et on nous promet l’introduction de l’italien dès l’année prochaine! La faiblesse des élèves dans la matière principale de leur filière est un autre thème qui mérite une fine analyse qui ferait ressortir les incohérences en matière de choix et d’orientation de filières. L’autre exemple pour la session du baccalauréat de juin 2013 à Tizi-Ouzou est donné par ce chiffre des bacheliers de la filière Économie-Gestion ayant obtenu leur moyenne dans la matière comptabilité: 9,43 %.                 

    A.N.M.

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